La ville de demain, plus proche de la nature ? Un vrai défi.

On ne peut que souhaiter vivement que la nature reprenne sa place au sein de nos cités : la transformation des villes est un besoin qui se fait de plus en plus pressant dans nos sociétés urbaines. Et cette mutation ne se borne pas seulement à faciliter la circulation des flux de personnes ou de marchandises au sein des villes.

Il s’agit d’un enjeu beaucoup plus global : les villes doivent devenir – ou rester – un rempart, un cocon, contre les agressions extérieures ; rôle que les forteresses édifiées dans les villages et villes du passé remplissaient pleinement.

Mais, aujourd’hui, les besoins de sécurité sont bien différents. Les agresseurs ne sont pas seulement les hommes, mais les éléments : ces aléas climatiques qui nous apportent sécheresses, épidémies, mais aussi inondations…

On observe que les canicules sont de plus en plus nombreuses et font de plus en plus de victimes dans toutes les métropoles du monde. Et pas uniquement dans les zones désertiques ou sous l’équateur.  Elles alternent des périodes d’inondations et de sécheresses : la nature ne sait plus sur quel pied danser.

La régulation des températures au sein des villes, mais aussi sur l’ensemble de la planète, devient donc un enjeu capital. Car vivre en osmose avec la nature est essentiel à notre survie.

Mais comment le développement et la transformation des villes pourraient-ils donc réintégrer cette nature ?!

Les enjeux soulevés par cette transformation sont conséquents : à la fois économiques, écologiques et esthétiques. Agir à ce niveau est un défi de taille, et un challenge à inscrire dans la durée. Et la durée sera longue : Rome ne s’est pas bâtie en un jour, dit-on. Paris non plus…

Bien sûr, il serait beaucoup plus simple de penser et créer des unités urbaines répondant à nos besoins sur des zones vierges : l’éveil des consciences et les avancées technologiques nous permettraient d’y réfléchir de façon responsable et éco-responsable.

Au 21è siècle, il ne s’agit plus uniquement de construire à tout va pour loger les populations. Mais de concevoir des zones urbaines dans lesquelles l’humanité pourra construire son futur, voire son avenir.

Et le défi réside bien dans la transformation de l’existant : transformer le béton en verdure, et non plus privilégier le béton au détriment de notre nature.

De grandes agglomérations urbaines ont considéré de très près cette problématique de taille : elles ont mis en place des actions.

On pourra citer la ville de Paris : elle s’est dotée d’un programme titanesque sur 2014-2020. C’est en mettant de petites pierres à cet édifice qu’elle contribue à transformer petit à petit les mentalités, en donnant l’exemple aux populations urbaines. Car re-végétaliser les villes est l’affaire de tous.

Ainsi, Paris a mis en place des dispositifs incitatifs – voire des invitations – à participer à cette re-végétalisation. Notamment :

  • Le « permis de végétaliser ». Il permet à tous de jardiner dans l’espace public. Il faut cependant en faire la demande.
  • La végétalisation de ses toits, mais aussi de ses murs, pour y développer une agriculture urbaine ; que ce soit en pleine terre, en permaculture, en hydroponie, en végétalisation verticale ou toute autre technique,
  • L’installation de ruchers pour favoriser le retour des abeilles pollinisatrices (et la production de miel !)
  • L’aménagement de fermes pédagogiques ; car l’éducation à la nature démarre dès le plus jeune âge ; et il n’est jamais trop tard pour que les adultes évoluent eux aussi,
  • La mise à disposition de jardins partagés,
  • Des arbres à planter – ou à replanter – dans les jardins des habitations ou des résidences…

Dans la même lignée, chaque individu pourra être force de proposition et contribuer à la ré implantation de la nature dans la ville de Paris, grâce au projet « Parisculteurs ».

Les services de la ville de Paris installent eux aussi la nature au sein de la capitale :

  • Des rues végétales réservées aux piétons fleurissent,
  • La plantation de 20.000 nouveaux arbres,
  • 30 hectares supplémentaires d’espaces verts et la rénovation de ceux déjà existants,
  • La végétalisation de 200 points répartis dans tout Paris,
  • La création de vergers et potagers dans les écoles…

Toutes ces initiatives, progressivement mises en place et en application, permettront d’améliorer le cadre de vie, de développer la biodiversité, d’éduquer les populations et les générations futures, et de recréer un lien avec la nature.

Et pourquoi pas, en participant à la production locale de fruits et légumes, inciter au consommer local ?

Alors, re-végétaliser et ré-introduire la nature au sein des zones urbaines est-il si compliqué ?